Alimentation (AL)

Dernière mise à jour : 6 juin 2017

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Ce cube à outil a été développé en collaboration avec l’Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ)

 

QuoiFaire
Considérant le rôle que joue l’alimentation dans la trajectoire de soins, la santé et la qualité de vie des personnes vivant avec une maladie cardiorespiratoire chronique ainsi que son importance — au même titre que l’abandon du tabagisme — dans la prise en charge de nombreuses de ces maladies chroniques, il est donc approprié que les inhalothérapeutes discutent des habitudes liées à l’alimentation avec les patients et leurs proches.

Cela dit, il convient d’adapter l’intervention selon l’état de santé de la personne à qui l’on s’adresse :

  • Population ou personne sans diagnostic de maladie cardiorespiratoire et qui ne requiert pas une attention particulière en nutrition (p.ex. personne qui n’a pas de maladie chronique) :

activités de promotion de la santé : motiver vers l’adoption de saines habitudes de vie liées à l’alimentation selon les recommandations en vigueur (p.ex. : le Guide alimentaire canadien).

  • Personne avec un diagnostic de maladie cardiorespiratoire (p.ex. MPOC, fibrose kystique, fibrose pulmonaire, asthme) :

► activité de prévention secondaire : dépister un risque nutritionnel à l’aide d’un outil validé et fiable. En présence d’un risque, le patient sera dirigé vers un professionnel de la nutrition (diététiste/nutritionniste) pour une prise en charge nutritionnelle précoce et adaptée à ses besoins.

Note
  • Lorsque le diagnostic d’une maladie cardiorespiratoire chronique est posé, une évaluation de l’état nutritionnel faite par un ou une diététiste/nutritionniste est de mise.

Selon le résultat, un plan de traitement nutritionnel personnalisé viendra s’ajouter aux stratégies non pharmacologiques reconnues dans la prise en charge de la maladie, au même titre que l’abandon du tabagisme chez le patient fumeur.

► l’inhalothérapeute ne se substitue pas aux professionnels reconnus dans le domaine de l’alimentation et de la nutrition humaine, tels que les nutritionnistes/diététistes. Au besoin, l’inhalothérapeute dirige les personnes vers un de ces professionnels.

► L’intervention minimale (< 3 minutes) consiste à dépister (prévention secondaire) un risque nutritionnel et non pas à réaliser une évaluation de l’état nutritionnel ni à mettre en place un plan de traitement nutritionnel individualisé (prévention primaire en nutrition) lesquels seront faits par un ou une diététiste/nutritionniste.

 

CommentFaireA
L’intervention minimale (< 3 minutes) est à la portée de tous les inhalothérapeutes cliniciens.

À titre d’exemple, non limitatif et modulable selon le contexte et la clientèle.

  1. Demander au patient s’il a :
    • une alimentation adaptée à sa condition (plan de traitement nutritionnel);
    • déjà rencontré un ou une diététiste/nutritionniste.
  2. Selon la réponse:

    ► Si OUI: discuter du plan de traitement nutritionnel établi (adhésion thérapeutique/préoccupation)

    ► Si NON: questionner à l’aide d’un outil de dépistage nutritionnel :

  3. Souligner les bienfaits d’une saine alimentation sur la santé ou orienter vers un ou une diététiste/nutritionniste :
    • en présence d’un risque nutritionnel (selon résultat du dépistage nutritionnel);
    • si patient MPOC rapporte une perte de poids involontaire (5% dans les 3 derniers mois ou 10 % dans les 6 derniers mois) ou si IMC < 20 kg/m2
    • si patient pose des questions précises concernant son alimentation;
    • si préoccupation à l’égard du plan de traitement nutritionnel.
  4. Selon le cas :
    • assurer le suivi;
    • encourager l’adhésion au plan de traitement nutritionnel;
    • faire connaître les directives en vigueur (p.ex. le programme Mieux vivre avec la MPOC);
    • valoriser la persévérance le cas échéant.
  5. Consigner au dossier du patient.

► À  venir : consultez un exemple d’intervention de dépistage.

Note
La mise en place d’un corridor de service et l’élaboration des modalités pour diriger un patient vers un ou une diététiste/nutritionniste devraient être définis au préalable afin d’éviter un bris dans la trajectoire de soins et de services.

En l’absence de diététiste/nutritionniste au sein de l’établissement de santé (ou un centre de santé partenaire), il est possible de trouver un ou une diététiste/nutritionniste en pratique privée via le site Web de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec.

RESSOURCES UTILES

 

PourquoiFaire
Voyons les faits!

Malnutrition et dénutrition (819 Ko)

  • Près de la moitié des adultes dans les centres hospitaliers de courte durée souffrent de dénutrition modérée ou sévère de leur admission.
  • Les conséquences de la dénutrition affectent significativement la trajectoire de soins, la santé et la qualité de vie des patients.

Malnutrition et MPOC (896 Ko)

  • Un dépistage systématique de la malnutrition chez le patient atteint de MPOC est primordial dans la prise en charge globale de cette clientèle.
  • Bien qu’elle soit généralement sous-diagnostiquée, la malnutrition serait présente chez 25 à 40 % des patients atteints de MPOC stable et 40 à 50 % des patients atteints de MPOC sévère. Elle est considérée comme un facteur de mauvais pronostic dans l’évolution de la maladie.
  • Les patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) < 20 kg/m2 ont un plus grand risque d’exacerbations aiguës comparativement aux patients ayant un IMC ≥ 20 kg/m2.

L’obésité et la MPOC (896 Ko)

  • La surcharge pondérale peut parfois masquer la dénutrition chez le patient MPOC.
  • L’obésité est notée plus souvent chez le patient avec une MPOC légère à modérée et elle semble associée à un risque accru de maladie cardiovasculaire.
  • L’obésité morbide (IMC > 40 kg/m2) est associée à un risque plus élevé de mortalité.

Nutrition et MCV (697 Ko)

  • L’alimentation joue un rôle primordial dans la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires (MCV).
Le saviez-vous?
  • L’adoption de saines habitudes de vie liées à l’alimentation ne sert pas à perdre du poids, mais plutôt à améliorer la santé et le bien-être.
  • Une nouvelle approche, qui vise l’amélioration de la santé sans miser sur la perte de poids à tout prix, est aujourd’hui proposée par les professionnels de la nutrition. Cette approche offre une option saine aux méthodes plus traditionnelles (p.ex. les diètes) qui comportent des risques pour la santé. Pour plus d’information, visitez le site Web d’Équilibre.
  • Si vous pensez que votre patient pourrait bénéficier de cette approche, dirigez-le vers un ou une diététiste/nutritionniste.

Voyons aussi les bienfaits !

(Raymond, E. et collab., 2017).

  • La portée d’un geste aussi simple que celui de poser quelques questions aux patients sur leur alimentation peut moduler leur perception des risques du mode de vie sur la santé.
  • Une évaluation nutritionnelle complète permet de donner un éclairage supplémentaire aux cas cliniques et procure une validité aux priorités d’intervention déterminées par l’équipe médicale.
  • L’intervention en nutrition représente une méthode non effractive qui a fait ses preuves. Bien manger est en soi un traitement efficace dépourvu d’effets secondaires indésirables.

Parlons-en !

Le dépistage d’un risque nutritionnel par l’inhalothérapeute (140 Ko)

La malnutrition en soins de courte durée (819 Ko)

L’importance de la nutrition dans la prise en charge du patient atteint de maladie pulmonaire obstructive chronique (896 Ko)

Les diététistes/nutritionnistes, alliés indispensables en santé cardiovasculaire (697 Ko)

  • À venir: voyez ce qu’ont répondu les inhalothérapeutes cliniciens aux questions liées à leurs habitudes d’intervention (minimale ou brève) en saine alimentation (résultat sondage, OPIQ, 2016)

 

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